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au pied de la tour de Castellane, Épernay
Ayant appris qu’il existait un musée de l’imprimerie à Épernay, que faire d’autre que de m’y rendre au plus vite pour le visiter. Le musée est chez le négociant en champagne de Castellane dont la tour est l’équivalent sparnacien toute en brique, de celle, parisienne, de Gustave Eiffel, toute en ferraille, elle. Elles on la particularité de se voir de loin toutes les deux.
Ni une, ni deux, tout de suite au volant, direction Épernay. Nous sommes le 4 mars 2011. Le voyage n’est pas trop long, et il est familier. C’est à la gare d’Épernay que l’on va accueillir et raccompagner les amis de passage quand ils ne sont pas motorisés à deux ou à quatre roues. De Castellane est tout proche de la gare, une voie de chemin de fer était même dédiée à la société pour transporter le vin à bulles partout où on l’aime (et on l’aime presque partout).
À l’accueil, dans le bâtiment au pied de la tour, une charmante personne me demande ce que je veux... elle finit par m’annoncer que le musée n’est pas ouvert, qu’il n’est ouvert pour des visites guidées qu’à la saison touristique (aux beaux jours). Je suis dépité et je lui avoue que j’avais fait le voyage spécialement et que j’étais un peu un professionnel de la partie, typographe, éditeur, enfin tout le toutim... Dans sa grande bonté, l’accueilleuse de clients est passée outre la fermeture. Elle m’a ouvert la porte, elle a allumé la lumière et j’ai eu le musée pour moi tout seul pour tout le temps que je voulais. Bonheur ineffable. Mes mercis en grappe n’étaient pas assez gros ni assez nombreux pour lui signifier ma béatitude. J’avais, comme toujours, mon appareil photo dans la poche. Je me suis fait ma visite guidée ; j’étais à la fois le guide et le visiteur. Aujourd’hui, je ne suis que le guide... par ici, la visite :
Le panneau qui nomme les donateurs et affiche la date de l’inauguration du musée : le 27 juin 1990.
Vues d’ensemble du musée...
Vues d’ensemble du musée...
Vues d’ensemble du musée...
Vues d’ensemble du musée...
Vues d’ensemble du musée...
... sous l’égide de grand-papa Gutenberg.
Un Typograph, machine à composer des textes plomb en ligne-bloc, concurrente de la Linotype. Elle n’eut pas un grand succès en France, mais elle fut construite jusque dans les années 1960 en Allemagne (voir l’ouvrage de Jacques André et votre serviteur : Histoire de l’écriture typographique, le 19e siècle français, p. 302 et 303).
Une machine à composer Graphotype (on y reviendra).
Une Linotype, machine à composer des textes en ligne-bloc. On en trouvait en batterie dans tous les ateliers des journaux quotidiens avant qu’ils ne passent à l’offset.
Une presse typographique Minerve, fabriquée par la société Turlot. Ce type de presse a été fabriqué par de nombreux constructeurs. Elle est surnommée « pédalette » parce que l’imprimeur typo, pour la faire fonctionner, devait pédaler avec le pied pendant qu’il retirait le papier imprimé de la main droite et plaçait le papier à imprimer de la main gauche. On a pu la motoriser par la suite en reliant à l’aide d’une courroie plate un moteur électrique au volant d’inertie.
Une presse automatique à platine Efelbis, format 1/4 de raisin (24 x 32 cm).
Une petite presse typographique (presque de table) de marque Boutzen pour imprimer des documents de petit format, comme des invitations, des faire-parts... ou des étiquettes de champagne. Sa robustesse lui permettait aussi de fonctionner en tant que presse à découper, en utilisant des emporte-pièces.
Une autre pédalette, de marque Berthier et Durey.
Une presse à platine, à marbre vertical comme les pédalettes, de marque inconnue. Elle est motorisée grâce à la courroie plate sur son volant d’inertie qui la relie à un moteur électrique.
Une autre pédalette, de marque inconnue.
Presse à platine Victoria, à encrier et encrage cylindrique.
Presse typographique à marge automatique Presto.
Presse lithographique à râteau, marque inconnue.
Presse lithographique Voirin. Ce type de presse est surnommée « bête à cornes ». Au mur, derrière, quelques pierres lithographiques ayant gardé leur dernier dessin.
D’autres pierres lithographiques.
Petite presse offset Davidson. Elle peut imprimer 5000 feuilles à l’heure.
Machine à copier sur plaques offset. Elle servait à insoler le même original en plusieurs poses successives scrupuleusement repérées horizontalement et verticalement.
Machine inconnue cachée en grande partie par le panneau d’explication de la précédente machine.
Agrandisseur photographique Reinhel fabriqué par la société L. Charpiot.
Petite presse à gaufrer (pour créer des reliefs sur le papier en le coinçant entre deux formes symétriques, l’une en relief et l’autre en creux).
Casses typographiques (les tiroirs) dans leurs rangs (meuble de rangement pour les casses). Le dessus incliné permettait de placer une casse pour la composition à la main.
Rang de casses contenant, entre autres, des vignettes (petits décors) typographiques.
Petit matériel typographique. Petit marbre d’imposition (derrière), au premier plan (de gauche à droite) : deux coupoirs biseautiers pour couper des interlignes et des filets de plomb, une petite presse pour épreuves de relecture.
Petit matériel typographique (suite). Deux presses pour épreuves de relecture, deux rouleaux encreurs à main, une brosse à formes.
Massicot (coupe papier) de marque Boildieu.
Massicot de marque Jurine.
Massicot de marque Rety & Desjobert.
Scie et perceuse pour monter les clichés zinc ou galvanoplasiques sur talon de bois. La scie servait à découper les zincs pour ôter les parties devant rester blanches qui pourraient se salir d’encre, et salir le papier, à l’impression. la perceuse servait à supprimer les « pétouilles », petits points indésirables en relief qui pouvaient monter à l’impression.
Raineuse-perforeuse. Elle sert à marquer les papiers forts pour faciliter le pliage, et aussi à perforer, faire des trous dans le papier.
Raineuse à carton. Servait à marquer les feuilles de carton pour favoriser le pliage, en vue de fabriquer des boîtes, par exemple.
Perforeuse à papier. Elle servait à perforer le papier à l’aide d’aiguilles régulièrement espacées, pour favoriser la découpe à la main, comme sur les planches de timbres postes à l’ancienne.
Machine à imprimer sur des planches de bois destinées à faire des caisses d’expédition.
Idem.
Idem, gros plan.
Idem, vue latérale (un peu floue).
Idem. Le panneau d’explication.
Presse à découper de marque Jurine utilisant des emporte-pièces.
Idem. Le panneau d’explication.
Une rotative de bureau, probablement de marque Multigraph. Elle utilisait des caractères typographiques plomb spécialement fondus qui pouvaient s’insérer dans les rainures présentes à la surface du cylindre. Elle servait essentiellement à imprimer des circulaires.
Une presse à percussion pour les relieurs de marque Poirier.
Composition typographique. Une telle réalisation, très facile à réaliser de nos jours en utilisant des outils numériques, était d’une grande difficulté quand on utilisait des caractères typographiques et des filets.
Une autre composition typographique.
Fin de la visite.
Parlant de ce musée quelques années plus tard à un ami de passage, je lui proposais d’y retourner pour le lui faire visiter. Nouveau voyage à Épernay, le 13 février 2017, nouvelle personne à l’accueil, de nouveau le musée était fermé, de nouveau la personne à l’accueil nous laissa entrer malgré tout. J’avais déjà toutes les photos que je désirais, prises en 2011, mais je voulais me faire un petit complément de prises de vues autour de la Graphotype, une machine qui m’intriguait. Alors...
La Graphotype, vues d’ensemble et gros plans :
Le panneau d’explications :
Le panneau d'explications se trompe. Cette machine, fabriquée par la société américaine Adressograph-Multigraph, servait à créer sur des plaques de métal (fer blanc) rectangulaires des compositions typographiques en relief par gaufrage (embossage dit-on maintenant, et incorrectement, en utilisant un terme américain francisé). Ces plaques, toutes de même format, porteuses de noms et adresses, étaient placées dans une autre machine Adressograph-Multigraph servant à imprimer les enveloppes pour des envois postaux en nombre (et non pas pour des mailings).
Fin de la seconde et dernière visite.
Le musée de l’imprimerie de Castellane n’existe plus de nos jours. L’essentiel des machines a été rétrocédé à Bernard Launois (du champagne de même nom), pour son Musée de la vigne et du vin, au Mesnil-sur-Oger, village de la côte des blancs, au sud d’Épernay.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
Pierre Pinelli
24 pages,
format 15 x 20 cm.
tirage à 100 exemplaires en typographie au plomb.
... for those who are too lazy to seek.
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