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Éditions du Fourneau

Les Éditions du Fourneau publièrent leur premier livre en février 1977. Fondées par Christian Laucou un peu par nécessité, un peu par défi, un peu par ignorance, un peu par amusement, il n’imaginait pas qu’elles puissent durer aussi longtemps. Pourtant... elles seront bientôt trentenaires1.

 


Le premier livre du Fourneau
(pas de quoi en être fier)


Le même,
relié par Catherine Chauvel

Éditions du Fourneau : pourquoi ce nom ?

Cette question fut posée mainte et mainte fois. Alors, une dernière fois, la réponse : plusieurs raisons sont à l’origine de ce choix. La première est que le fourneau est le foyer sur lequel l’alchimiste travaille à transmuter le plomb en or. Or, c’est le cas de le dire – assez immodestement, d’ailleurs –, aux Éditions du Fourneau, après Rimbaud et son alchimie du verbe, on tente l’alchimie du livre, c’est-à-dire la transmutation du plomb du caractère typographique en l’or du livre. La deuxième est que le fondateur des éditions est jarryste (i. e. amateur d’Alfred Jarry). Et le personnage d’Athanor le fourneau est l’interlocuteur du Père Ubu dans les Almanachs du dit. L’Athanor est le nom traditionnel du fourneau de l’alchimiste (on y revient !) mais l'appellation « éditions de l’Athanor », était déjà prise donc : retour au fourneau. Troisième et dernière raison, au tournant du 19e et du 20e siècle, le qualificatif fourneau désignait des personnes un peu bêtes (aujourd’hui on dirait : un connard, un ouf). Cette troisième raison pour tempérer l’immodestie de la première. C’est un peu dans ce sens que va cette affirmation d’Erik Satie qu’on dirait taillée sur mesure pour les Éditions du Fourneau : Ce n’est pas « moderne » que d’avoir l’air imposant. Le dernier « cri » demande autre chose : l’air « fourneau » par exemple.

Domaine d’activité

On l’aura compris, la littérature « fin-de-siècle » (période 1870-1914) est un des centres d’intérêt de l’éditeur. Un certain nombre d’auteurs de cette période se retrouvent au catalogue des éditions. Mais la littérature contemporaine, sérieuse ou humoristique et celle du 20e siècle ne sont pas oubliées pour autant. Un collection de textes du 16e siècle était prévue mais a avorté. En dehors de la littérature : un peu d’histoire littéraire et d’histoire du livre.

Les débuts

À sa sortie de l’école Estienne, Christian Laucou avait déjà réalisé une dizaine de petits livres mais les Éditions du Fourneau n’existaient pas encore. Il avait gardé de bons contact avec les professeurs de l’atelier de typographie et il put y revenir – inscrit officiellement en cours de promotion sociale – pour y imprimer les premiers titres du Fourneau. Six des douze titres de 1977 furent ainsi imprimés (les numéros 2, 3, 4, 7, 8, 10 du catalogue), quatre des onze de 1978 (15, 17, 18, 19), un n’y fut que composé (14). À la fin de l’année scolaire 1978, pas de possibilité de revenir une troisième année donc plus de possibilités d’imprimer par ses propres moyens. Le Phonographe de Remy de Gourmont (14), composé à Estienne fut imprimé à l’extérieur (la composition avait été clichée). Un nouvel ouvrage, Charnières de Marcel Béalu, fut lui aussi donné à imprimer. Le texte (accepté avant même d’avoir été lu : grave erreur de jeunesse) était médiocre ; la maquette conçue par l’éditeur fut mauvaise, les illustrations indigentes et l’impression – cerise sur le gateau – absolument détestable. L’ouvrage fut un chef-d’œuvre de ratage, de ces ratages merveilleux dont on ne peut atteindre la perfection formelle qu’une seule fois dans son existence. Il fut aussi à l’origine d’une morosité bien compréhensible de l’éditeur. C’est noyé dans cette morosité qu’il reçut d’un ami un coup de fil si tant improbable qu’il en était extraordinaire. Approximativement : « Salut Christian ! Dis, ça te dirait de publier un inédit de Céline ?... » La stupeur passée, accord fut conclu mais à la condition expresse de lire le manuscrit avant publication (après les Charnières...) afin de constater qu’il ne pouvait déclencher aucun veto personnel pour raison de divergence d’opinion avec l’auteur du manuscrit. C’était le prologue à Féerie pour une autre fois, de la littérature pur jus, rien à redouter. L’ouvrage, dont l’impression fut confiée à l’un des meilleurs imprimeurs de Paris, parut en 1979. Une semaine ou deux avant sa parution un entrefilet de quatre lignes (dont une creuse) l’annonça dans le Figaro magazine. Les chèques affluèrent. Six semaines plus tard l’édition à 200 exemplaires (chiffre de tirage imposé par le possesseur du manuscrit) était épuisée. C’était inespéré. L’imprimeur put être payé rubis sur l’ongle. Le travail lui avait été commandé alors que les caisses étaient totalement vides. Les chèques des lecteurs retardataires durent être renvoyés ; les lettres d’insultes et de menaces des plus déçus arrivèrent mais ça... c’est une autre histoire. Avec l’argent qui restait en caisse, les Éditions du Fourneau pouvaient acquérir leur première presse et leurs premières casses de caractères. Elles étaient enfin autonomes. L’atelier fut installé à Bannes (Marne) dans une maison familiale. Dès lors c’est là que furent réalisés tous les ouvrages du Fourneau.


L’atelier de Bannes dans les années 1980.

En 1998, une occasion de louer un atelier à Paris se présenta. Le matériel déménagea donc et les Éditions du Fourneau s’ensommeillèrent au profit de Fornax éditeur. Elles commencent à se réveiller, à Bannes toujours, où un atelier nouveau termine de se constituer après le rachat du plomb d’une imprimerie qui fermait.

Un texte canonique

À l’occasion d’une exposition à Épernay qui présentait le travail des éditions du Fourneau, Christian Soulignac se fendit d’un texte resté inédit si l’on excepte le carton d’invitation de cette exposition. Le voici :

Christian Laucou
et les Éditions du Fourneau

Quand Christian Laucou est venu me voir pour me demander ce texte, j’ai été, je l’avoue, quelque peu gêné. Il est rare que l’on parle correctement de ce que l’on connaît trop bien : on se noie tout de suite dans les détails.

Je connais Christian depuis toujours. C’est plus qu’un ami, c’est presque un autre moi même. D’aucuns qui nous connaissent trouvent que nous nous ressemblons étrangement. Je n’irai pas jusque là ; cet effet est dû sans doute au fait que nous portons tous les deux la moustache et que nous avons le même âge...

... Un beau jour de mai 1951, sa maman fut étonnée de mettre au monde un bébé qui serrait un petit livre entre les mains. La nature l’avait prédestiné et, dès lors, nul ne s’opposa à la volonté éditoriale du garçon

Ce fut donc sans grande surprise que j’appris de sa bouche, en décembre 1976, après qu’il eut maîtrisé toutes les techniques qui concourent à la naissance d’un livre, sa volonté de se lancer dans l’aventure que devinrent les Éditions du Fourneau. Il n’était pas très sûr de lui. Il ne l’est pas toujours à l’heure qu’il est et pourtant il a édité et imprimé une centaine de petits livres. Il se plaint toujours de sa médiocrité, de son indigence mentale ; il souffre en réalité d’un manque clinique de confiance en la qualité de ce qu’il fait malgré les assurances que lui prodiguent tous ceux qui le suivent. Il est comme ça, le Laucou, il faut faire avec, ou ne pas faire du tout...

Il vint donc me voir et m’expliqua son projet : le pourquoi d’abord de son nom d’éditeur, soigneusement choisi. Le fourneau, c’est l’athanor de l’alchimiste-typographe qui transmute le plomb du caractère en l’or du livre. Sa façon de faire vint ensuite : à partir de manuscrits qu’ils décide de publier pour la seule raison qu’il le touchent (ses intérêts le portent essentiellement vers les auteurs contemporains et certains auteurs début de siècle), il conçoit son livre de façon à ce qu’il entre en résonnance avec le texte, de façon à ce qu’un réseau sournois de correspondances, de fils ténus lient l’objet-livre et le texte qu’il porte. C’est pour cela que tous ses livres sont différents les uns des autres. J’ignore, moi qui, fort modestement, ne sait que tenir une plume, si cette volonté est un bien ou un mal, si elle n’est pas par trop pléonastique. Je ne puis juger que de mon côté de la lorgnette, celui du facteur de textes. Tout ce que je sais, c’est que je trouve ses petits livres agréables à lire et à toucher. Et ce n’est déjà pas si mal !

Christian Soulignac
septembre 1984


carton d’invitation

Ce texte comporte quelques redites avec la présentation en amont mais il donne un éclairage intime sur l’ars fornacis et en ce sens, il n’est pas inutile.

Liste des expositions « personnelles » des Éditions du Fourneau (clic).

CLS
septembre 2006, revu 2016


Date de création : 01/08/2016 @ 23:48
Catégorie : -
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28 pages, format 16 x 25 cm.
composé et imprimé en
typographie au plomb
Tirage à 450 exemplaires.
16 €

(cliquer sur l'image
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Raymond Callemin
Lettre
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8 pages, format 9,7 x 20 cm.
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Quasimodo
le simplet

Quasimodo

36 pages, format 14 x 14 cm.
100 exemplaires.
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CLS
Un point
c'est tout

Un point c'est tout

36 pages, format 14,8 x 7 cm.
100 exemplaires.
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