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On inaugure ici un nouveau sous-chapitre : la tératologie chez les libraires. Ordinairement, les libraires se contentent de vendre des livres. On ne leur demande pas grand chose de plus. Enfin, si l’on est un chaland hésitant, on apprécie beaucoup le petit plus que constitue le conseil expert. Mais encore faut-il que le conseilleur soit réellement un expert et qu’il soit suffisamment passionné et courtois pour dispenser son expertise auprès de l’hésitant ou du mal informé.
Survolons le sujet de manière plus générale. Chez les libraires se trouvent deux catégories bien distinctes. Les libraires de neuf, et les libraires d’ancien ou d’occasion. Ne parlons pas de ceux qui vendent des livres dans les grandes surfaces. Peut-être ont-ils été libraires dans le passé, mais ils sont devenus marchands de livres au même titre qu’on trouve dans les mêmes endroits des marchands d’aspirateurs. Ils ont oublié, volontairement ou non, que le livre est un objet très particulier.
Quand un libraire de neuf réalise la vente d’un livre, il lit son prix inscrit au dos, sur la quatrième de couverture, et il encaisse le montant indiqué auprès du bipède acheteur avant d’accepter de rétrocéder l’ouvrage à ce dernier. C’est une banale opération de commerce, éventuellement précédée de conseils judicieux.
Cela se passe comme ça aussi chez les libraires d’ancien pour la transaction finale, mais le libraire doit auparavant établir le prix de l’ouvrage. Il n’y a pas de prix fixe et le prix éventuellement marqué sur la couverture est caduque. Suivant la nature du livre : récent ou pas, en bon état ou non, recherché ou pas, rarissime voire unique ou très facile à trouver, le prix peut varier grandement depuis l’obole symbolique pour avoir le droit d’emporter l’ouvrage jusqu’à la somme astronomique qui réserve l’achat à une poignée de bipèdes fortunés ou d’institutions souhaitant posséder l’exemplaire dans leur collection.
En amont de toute vente, et avant de placer l’ouvrage sur l’un des rayonnages de sa librairie, le libraire d’ancien chiffre l’exemplaire. Il en estime le prix. Il met tout son savoir, toute sa culture, toute son expérience dans cette opération. Le plus souvent, pour renseigner le chaland ou le lecteur-acheteur potentiel, il indique le prix qu’il estime juste au crayon à mine graphite, facilement gommable, su la première page de l’ouvrage, en appuyant le moins possible son écriture. L’ouvrage, s’il est broché, se présente ainsi :
Aucune indication n’est visible, il faut ouvrir le livre pour en connaître le prix. Mais il arrive aussi qu’on rencontre, dans la population hautement recommandable des libraires d’ancien, une petite minorité d’individus plus ou moins bipèdes et pas malins, crétins, sagouin et autres mots en « ain » comme vilain, margoulin et drelin drelin les fifrelins, qui ne comprennent rien à la discrétion ni au respect dû au livre et qui indiquent le prix, en gros, sur la couverture. Comme ça :
Alors, oui, tout est à vendre, y compris ce livre ; son prix est inscrit dessus, très très très gros, avec un marker indélébile. Mais l’on hésite à appeler libraire un individu capable d’une telle ignominie livresque.
CLS
août 2025
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
Pierre Pinelli
24 pages,
format 15 x 20 cm.
tirage à 100 exemplaires en typographie au plomb.
... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.
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