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la Typo-Lauga

C’est le 17 juin 1902 que François-Pascal Lauga dépose une demande de brevet d’invention pour une petite presse typographique à bras. Et c’est un an après jour pour jour, le 17 juin 1903, qu’il obtient son brevet. À qui s’adresse la petite presse brevetée ? Aux imprimeurs amateurs qui veulent maîtriser leurs impressions de petit format. Quelles en sont les caractéristiques, les particularités, le brevet nous l’apprend, du moins partiellement :



On prie nos valeureux lecteurs de bien vouloir nous excuser de la piètre qualité de la numérisation de ce brevet, effectuée à partir de méchantes photocopies réalisées à l’INPI, dans les années 1980, sur du papier thermique (on se félicite toutefois que, malgré son âge quasi canonique pour du papier thermique, l’impression soit encore plus ou moins lisible). Ce sont les trois feuilles de ce brevet que nous avons cherchées avec courage et abnégation la semaine passée. Passons.
Dès son brevet obtenu, notre François-Pascal Lauga annonce au monde la naissance de son enfant chéri. En 1904 — il lui faut bien un an pour mettre la petite presse en fabrication — il passe une annonce dans l’Annuaire-almanach du commerce et de l’industrie…

… et une autre dans le supplément littéraire du Petit Parisien

Pourquoi le supplément littéraire ? Sans doute pense-t-il que le lectorat potentiel de ce supplément est susceptible d’être intéressé par sa machine. Pour imprimer des poèmes, ou des cartes de visites ?…
La Typo-Lauga dut avoir du succès car on trouve encore une publicité — et avec portrait de la jolie presse cette fois-ci — dans le numéro du 1er janvier 1909 du Saint-Hubert. François-Pascal Lauga est-il mort ? a-t-il vendu son entreprise ? Toujours est-il que si sa presse porte toujours son nom, l’entreprise est passée entre les mains d’un A. Charton qui en continue la commercialisation.

A. Charton dirige toujours l’entreprise qui fabrique et commercialise la Typo-Lauga en 1925. C’est ce que nous confirme l’Annuaire du commerce Didot-Bottin.

Une dernière information dans la presse nous est donnée par une petite annonce du 9 décembre 1936 publiée dans La Croix. Est-ce la vente d’un exemplaire d’occasion ? Est-ce un repreneur de l’entreprise ?

C’est dans les années 1980 que le CLS trouve sa Typo-Lauga, dans une brocante. Il la dérouille (Non, il ne la bat pas, il lui ôte la rouille !), il la restaure, il l’améliore car il a bon espoir de s’en servir. Elle est solidement réalisée, en fer moulé ou en fonte — elle pèse son poids ! — elle est solide, et sa petite taille la rend facilement transportable. Mais avant de montrer ce qu’a réalisé le bonhomme CLS avec sa presse, il convient de la présenter plus précisément. On n’a pas eu le courage de l’encrer réellement pour la prise de vue. On sollicite votre pardon. Vous avez donc affaire à une simulation.
Avant de commencer à décrire le fonctionnement de la presse, en voici les dimensions :
Hauteur, bras levés (Je vous ai compris !) : 54,5 cm ;
Hauteur, bras baissés : 20 cm ;
Longueur : 43 cm ;
Largeur : 22 cm.
Diamètre de la platine de répartition de l’encre : 10,5 cm.
Dimensions intérieures du châssis-marbre :
Longueur : 17,5 cm ;
Largeur : 10 cm.

Dans sa position « au repos », la Typo-Lauga ressemble un peu à une brouette sans roue. Ce sont ses bras servant à exercer la pression du papier sur le caractère encré qui donnent cette impression.

L’étiquette clouée sur la presse qui indique sa provenance, et qui a permis à CLS, dans le passé, de retrouver le brevet à l’INPI.

Quand elle est en position basse, alors qu’elle est en service, et encrée, les petits rouleaux se sont rechargés en encre.

En relevant le plateau les petits rouleaux encreurs remontent et roulent sur les chemins de roulement pour encrer les caractères fixés à l’intérieur du châssis-marbre.

Les rouleaux prêts à encrer les caractères.

Les rouleaux ont dépassé la composition, l’encrage est réalisé. On aperçoit distinctement la composition dans le châssis-marbre. Celui-ci n’est pas fixé sur la presse et peut bouger d’avant en arrière. Il est simplement posé sur les rails inférieurs qui le retiennent à gauche et à droite. Si l’on tient à obtenir une impression toujours correctement positionnée, il convient de l’empêcher de bouger en fixant une interligne en travers des deux rails.

Pour être nettoyé après impression, le bloc d’encrage peut être décroché de la presse. Il n’y est fixé que par deux ressorts, un à gauche et un à droite, accrochés aux petites boucles latérales.

Un bloc d’encrage constitué par un seul rouleau de diamètre supérieur aux deux petits d’origine. Il a été conçu et réalisé par CLS pour tenter d’améliorer l’encrage. Les roulettes latérales ont été tournées dans du buis. Ce travail, datant des années 1980, montre que le buis est un bois très dur qui ne s’abîme ni se fendille en vieillissant.

La Typo-Lauga avec le bloc d’encrage CLS.

Le rouleau en position basse, est censé être réencré. Il est fixé à gauche et à droite sur des tiges cylindriques et maintenus par les ressorts enfilés sur elles. La tige de droite fait descendre une manette qui permet la rotation du cercle qui porte la réserve d’encre.

La manette de rotation est en position haute.

L’une des caractéristiques originales de la Typo-Lauga est que le plateau porteur du papier à imprimer est légèrement courbe. Cela pour, dans l’idée de François-Pascal Lauga, favoriser et réguler la pression du papier sur les caractères. À l’usage, et après un certain nombre d’essais, CLS en a conclu que cette idée n’était pas bonne. À l’aide d’une pâte (Sintofer) il a ré-aplani (!) le plateau et lui a collé dessus un morceau de blanchet de presse offset pour rendre moelleuse la pression. L’impression n’en a pas été excellente pour autant, mais elle a été améliorée.

Le plateau vu de face avec son blanchet. Les deux tiges latérales et verticales (demi-cylindres) plaquent le papier sur le plateau pendant l’impression. Sur le blanchet, les trois papiers roses sont les taquets qui positionnent la feuille à imprimer. Les papiers blancs sont des mises pour tenter d’éliminer les faiblesses de pression.
Quelques documents fournaldo-historiques, maintenant.

CLS, dans un état antérieur, à Bannes, dans son atelier, occupé à tester sa Typo-Lauga (années 1980).

Le même, dans le même état, vérifiant l’impression réalisée. Ces deux photos sont des numérisations un peu apocalyptiques de diapositives 24 x 36, à l’aide d’un scanner non prévu pour cela.

La Typo-Lauga et les trois petits livres du Fourneau, pas encore Fornax, réalisés avec elle. La pièce de 20 centimes d’euros posée sur le petit rouleau encreur rouge est là pour donner l’échelle de l’ensemble.

Vue rapprochée des trois minuscules fournaldiens.
→ Moments, de Cécile Maurel, a été composé et imprimé à Paris, rue de l’Évangile, les 18 et 19 avril 1985.
→ Fragments, de Cécile Maurel, a été composé et imprimé à Choisy-le-Roi, dans la bibliothèque municipale, les 19 et 20 juin 1987.
→ 4 Bricoles, de CLS, a été composé et imprimé dans les jardins des Tuileries, à Paris, entre les 2 et 5 avril 1998, pendant une manifestation des métiers d’art. Il fut le dernier ouvrage a avoir été publié par les Éditions du Fourneau… le suivant le sera par Fornax éditeur.
CLS
février 2026
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L’homme au coin
10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.
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