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L’homme au coin
10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
Thomas Braun
des fromages
8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
CLS
Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
Marie-Rose de France
26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.

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Chronological

Des barbares...
... for those who are too lazy to seek.

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Fourneau and Fornax

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There are days like that when you get up in the morning simply because you have to get up… So you get up, gloomy, thinking to yourself: “Ah! Another new day to get through…” and you set about living it, somewhat reluctantly and under duress. But nothing turns out the way you expected. The day you thought would be long, sad, and boring actually turns out to be filled with joy, wonders, and discoveries. That’s how it is—you can’t stay in the doldrums forever.
It was the contents of the mailbox that changed everything. I wasn’t expecting anything, and in fact I was half expecting a letter bearing bad news from the tax authorities or some energy provider. But instead, there was a large, beautifully made package from—oh, the surprise!—the United States. It was such a beautifully put-together package that it took me quite some time to open it, which only served to heighten the adrenaline and, consequently, the joy of discovering what was inside.
Intense joy… indeed.
What was in the package? A book. But not just any book. An important book. A landmark book. A definitive work on its subject: the typefounder's hand mould. Those moulds, as you know, were used to cast type before automatic typecasting machines were invented in the nineteenth century, followed by typesetting machines; long before the twentieth century brought us phototypesetting, and later the computerised typesetting we still use today. Without type moulds, there could have been no large-scale reproduction of the written word from Gutenberg to the dawn of mechanical typesetting.
So a type mould is no small thing. It is a cultural artifact in every sense of the word. It made the mass reproduction of writing possible; and in itself—in the way it was made, and in the way it evolved over the centuries—it stands as a remarkable expression of technological culture.

Cover.
The author of this book, Stan Nelson, is quite simply the world’s foremost authority on the subject, universally recognised as such. The book is the fruit of a lifetime of research, carried out in every country where movable-type printing has existed since the middle of the fifteenth century.
In other words, it is an indispensable book for anyone interested in traditional printing, in books, and in the technology that made them possible. As Bela, a Congolese author I published back in the last century, used to say: “It's good the Book!” And this one is not merely lavishly illustrated—it is lavishly illustrated in colour, if you please! It is a work of historical and technological scholarship that will be very hard to surpass. One might perhaps write another book on the subject after this one, but certainly not a better or more comprehensive one.
But… I can already hear the grumbling, buzzing away in my ears here and there… Grumbling, after all, is one of our great French national characteristics, a trait we are famous for the world over. We French are always grumbling.
—The book you’re talking about—it’s from the United States, isn’t it?
—Well, yes…
—So it’s in English…
—Well, yes…
—Yes, but we speak French here in France…
—Well, yes… but there’s nothing to stop us speaking English too, reading it, and understanding it. That’s part of being educated, isn’t it? And besides, the pictures are written in “picture”—a universal language. When you come across a book like Stan Nelson’s, you don’t sit around waiting for some hypothetical French translation that will probably never appear.
—Oh really? And why not?
—Because France, so proud of its famous cultural exception, has largely lost interest in traditional technologies—unlike the countries around us. And the little community of people who still care about such things is simply too small for anyone to contemplate publishing a French edition.
So, you lot: if the subject interests you, read the book in English! For heaven’s sake! And talk about it to everyone you know. That way, perhaps, we’ll make this little community of enthusiasts a little less little…
—But you can’t get the book in France…
—I don’t know about that, but you can always order it. Come on, I’ll scan the back of the dust jacket for you. All the information you need will be right there. See how kind I am to you?

Back cover.
—But why did you get it in the mail? Did you order it?
—No. He was kind enough to send me a copy when it was published because I had given him some photographs of a mould that he discusses in the book. A few years ago, I had written a fairly substantial article about that particular mould, but it was never published because the journal it was intended for never saw the light of day.
—So you got the book for free…
—Well, yes…
—You lucky devil.
—Well, yes… You have to have a few little joys in life now and then—or some really big ones—that give you a reason to get out of bed in the morning…
Une trouvaille lors de la brocante d’hier. La seule de la journée, pas vraiment ruineuse : 2 €, pourquoi se priver ! Ce spécimen de papiers de couverture date sans nul doute des années 1910-1920, période Art nouveau, si l’on en croit les illustrations utilisées. Comme on aime bien cette période des arts graphiques et qu’on ne vous déteste pas non plus, on vous le reproduit en entier, ce catalogue. Z’avez intérêt à apprécier.
La prise de vue un peu trop rapidement réalisée frise l’innommable et le catastrophique. Il vous faudra pourtant vous en contenter. On n’a pas pu faire mieux. On a collé le catalogue sous une plaque de verre pour le raplaplater mais ça a causé des images parasites par réflexion du photographe sur le verre. De plus, on ne sais plus où on a fourré le statif de reproduction qui nous aurait permis d’obtenir des pages rectangulaires ; on a fait la prise de vue à l’arrache…
— Eh, banane ! pourquoi tu ne l’as pas scanné, ton catalogue ?…
— Parce que le catalogue dépassait de la vitre du scanner, pomme à l’eau !
Euh, si on passait aux images après cet échange de fruits et légumes…

Couverture.

Pages 2 et 3.

Pages 4 et 5.

Pages 6 et 7.

Pages 8 et 9.

Pages 10 et 11.

Pages 12 et 13.

Pages 14 et 15.

Pages 16 et 17.

Pages 18 et 19.

Pages 20 et 21.

Pages 22 et 23.

Pages 24 et 25.

Page 26.
Voilà… Plein de jolies couleurs de papier et de jolies couleurs d’encre… à la semaine prochaine pour — peut-être — de nouvelles nouvelles…
L’histoire du rouleau encreur de la semaine dernière nous a fait revenir vers un passé assez lointain, celle d’aujourd’hui s’inscrit dans le présent.
Complément idéal de la Stanhope nouvellement arrivée chez Fornax, et arrivé quelques jours avant elle sous la forme d’un cadeau du confrère vendeur, un gros et lourd rouleau encreur à deux poignées. On l’aura bien compris si on a lu les récents billets sur l’arrivée de la Stanhope et sur son entretien, cette presse n’a aucun système d’encrage automatique de la forme d’impression : il faut encrer à la main. Ce qui n’est pas un problème si l’on est soigneux et si l’on a le bon matériel.
Ce rouleau donné pouvait donc postuler au grade de compagnon idéal pour la presse. Hélas, il me fut confié bien malade. Un de ses deux poignées avait disparu et il était recouvert — rouleau et manche — d’une impressionnante couche d’encre, essentiellement noire. En l’état, il était impossible de s’en servir. Il fallait le restaurer. Sans la deuxième poignée, aucune utilisation possible, une poignée de remplacement était donc nécessaire. Mais pour pouvoir la fabriquer, besoin d’un tour à bois. Trop cher d’en acheter un pour une utilisation unique, il fallait en improviser un. Ce qui fut fait. Mais au moment de l’utiliser pour transformer une petite bûche de bois de laurier en poignée de remplacement, le confrère retrouve la poignée manquante et me la donne. Merveille ! Son âme métallique était cassée. Extraction de la poignée et soudage sur la partie métallique du manche, après un bon nettoyage de l’encre sur le manche et sur les deux poignées. Réassemblage du tout ; restauration terminée ! Le rouleau pouvait de nouveau servir après deux jours de boulot. Il est devenu le plus grand rouleau à main utilisable de l’atelier, si l’on excepte les rouleaux pour la lithographie. Qu’on en juge. Poids : 5 kg ; longueur du rouleau : 38 cm ; diamètre : 9 cm. Une belle bête.

Comme on n’a pas pensé à prendre des photos pendant la restauration (on ne saurait penser à tout, surtout qu’on ne savait pas si on allait parler de ça dans un billet), le voici tout restauré. La boîte d’allumettes de petit format à côté de lui est là pour donner une idée de sa taille.

Le même, vue de dessus.
Mais ce rouleau a toutefois un petit défaut. Il n’a pas de pieds qui permettent de mettre le cylindre de caoutchouc hors de tout contact lorsqu’il n’est pas utilisé. Ce qui peut conduire à créer dés méplats lors d’une inutilisation prolongée. Qu’à cela ne tienne, on n’est plus à ça près, on va lui fabriquer un support. Aussitôt dit, aussitôt fait, on le fabrique avec des planches de récupération. Contreplaqué pour le socle, sapin pour la planche à trous (pour les manches) et pour les pieds inférieurs, chêne pour les supports de la partie métallique. Une petite journée de travail tout de même !

Le support, vue de face.

Le support, vue de trois-quarts.
Ainsi conçu, ce support sert également pour le nettoyage du rouleau après impression. Faut bien penser à tout, hein ! Maintenant, pour pouvoir utiliser la Stanhope et son copain le rouleau à deux manches, il ne manque plus que la table à encrer.

Le rouleau sur son support, posé sur le marbre de la Stanhope.

Vue rapprochée.
Le matériel (de récupération) a été réuni pour fabriquer cette table… va falloir s’y mettre…
Lorsqu’on est plus trop jeune, il n’est pas rare qu’on se souvienne de faits marquants qui sont arrivés lorsqu’on n’était, justement, pas encore sur la pente de la sénilité. Des faits solidement fixés dans une mémoire juvénile. Mais quand la mémoire prend de l’âge, on constate que la solidité vacille. Alors, pour ne pas prendre le risque de perdre ces moment mémorables et mémorisés, on se dépêche de les noter… pour éviter la peur de ne plus s’en souvenir quand arrive le moment fatidique de l’oubli définitif.
Dans ces moments de notation intense, on se dit que — finalement — l’existence n’est pas si mal faite que cela. Elle est logique. On naît neuf et jeune et — sauf accident — on meurt vieux et déglingué. On réfléchit au bazar que ce serait si la vie nous proposait le contraire, comme dans la chanson de Pierre Louki (vous ne comprenez pas la référence ? Cherchez donc sur votre moteur préféré, faut bien qu’il serve à quelque chose…) Oui, quel bazar ce serait si on naissait vieux et qu’on mourait jeune. On mourrait plein d’énergie, plein d’espoir, plein d’idées et de vitalité… et plein de regrets de devoir quitter la vie si jeune. Mais foin des idées sottes et grenues. Allons y Alonzo : Remembrance !
Comme beaucoup d’étudiants pas trop riches, en période estivale, à la fin des cours, j’ai cherché un petit boulot pour gagner quelques sous. Je me suis fait embaucher en tant que missionnaire dans une boîte d’intérim. J’ai précisé à la personne qui fournissait les missions que je ne voulais pas d’emploi de bureau car j’étais assis le reste de l’année à noter des cours. Je voulais du travail concret. C’est ainsi que je suis devenu coupeur de tubes dans une usine de mécanique, magasinier dans une entreprise de pièces détachées (des pièces de quoi, je ne me souviens plus très bien, des pièces d’avions, il me semble), assembleur de feuilles de correction des manuels d’avion pour les pilotes d’Air France à Orly, laveur de cages d’animaux d’expérience chez Rhône Poulenc… Les missions proposées étaient d’une durée allant d’une semaine à deux mois. À la fin d’une de mes missions, on me proposa une autre mission de quinze jours chez Gestetner, à Ivry (ou à Vitry ?). J’ai accepté. J’avais décidé de ne rien refuser, sauf les emplois de bureau. Le jour dit, un lundi, à l’heure dite, 8 heures, je me présentais devant le responsable. Assis derrière son bureau, il me toisa, un peu étonné, et me posa la question : « Vous n’êtes pas sourd ? » Étonné à mon tour, je lui répondis que non. Alors il m’expliqua en quoi allait consister mon travail. Casser à la masse des duplicateurs à stencils et des petites machines offset de bureau. La société Gestetner avait pris la décision, pour ne pas gêner son marché du neuf, de récupérer auprès de ses clients ses vieilles machines et de les détruire au moment de leur livrer le matériel neuf. On est en droit d’apprécier ou pas cette démarche. N’étant pas même un employé de Gestetner, je n’avais pas à prendre parti, mais je n’en pensais pas moins.
Après mon entretien, le responsable me conduisit dans l’atelier de destruction où s’entassaient des piles de machines. Il me présenta à mon collègue. Jeune, souriant, grand, mince, musclé… et sourd. C’est lui qui m’expliqua le travail ou plutôt qui me le mima en détruisant sous mes yeux, à grands coups de masse, un duplicateur qui ne lui avait rien fait. Je n’avais pas de casque anti-bruit, je compris immédiatement la nécessité d’être sourd. Entre temps, le responsable s’était esbigné dans son bureau, loin du bruit. Mon collègue me colla une autre masse entre les mains et me fit signe de commencer à œuvrer.
À la fin de la semaine, le responsable me convoqua dans son bureau. Il me fit asseoir et m’annonça que je n’allais pas revenir pour la deuxième semaine. Ce n’est pas que je travaillais mal, ni que j’y mettais de la mauvaise volonté mais ma carrure, genre ablette, n’était pas compatible avec le boulot assigné. Et je n’étais pas sourd ! Il allait parler en ce sens à ma boîte d’intérim afin que je ne sois pas pénalisé de n’avoir pas terminé ma mission.
J’étais déjà bricoleur, pas trop mauvais, à l’époque, et je n’ai pas pu m’empêcher de récupérer — Warnung: strengstens verboten! (Gestetner était une société allemande) — quelques pièces détachées, le soir, au moment de quitter le travail : ressorts divers et quelques rouleaux de caoutchouc. D’un caoutchouc particulièrement amoureux de l’encre… qu’on me pardonne ces menus larcins. L’un de ces rouleaux m’a servi à fabriquer un rouleau encreur à main. Le voici, je l’ai encore et il fonctionne bien :

Il ne travaille pas tous les jours mais il est encore vigoureux, malgré ses quarante-cinq années d’existence.
Casser des machines a été mon premier contact avec le monde de l’imprimerie. Je me suis rattrapé par la suite en restaurant tout le matériel qui me tombait sous la main. Modeste compensation. Après cet épisode, je suis entré comme élève à l’école Estienne, comme quoi, la destinée…
La semaine dernière, on a quitté notre Stanhope sur ses patins à roulettes. Ce n’a pas été une mince affaire de les lui ôter, ces satanés patins. Heureusement, on a été aidé par un couple d’amis dont les compétences n’ont eu d’égal que la modestie car ils n’ont pas souhaité qu’on fixe l’opération à l’aide d’images fixes ou d’images qui bougent. On a respecté. Il a fallu, pour déchausser notre presse, user de trois crics à vérin hydraulique, d’un certain nombre de planches et de pas mal de minutie.
Les pieds de la presse enfin fermement posés sur le sol de l’atelier, on a procédé ensuite mais seul — quoi de plus normal — à un débarbouillage en règle de la mignonne. Elle en avait bien besoin. Poussière et saletés s’étaient accumulés sur elle. Quelques images pour en témoigner.

Fermement posée mais franchement sale, la presse se trouve à son emplacement définitif non loin de la presse taille-douce d’atelier et de ses consœurs plus jeunes, les Vandercook.

On ne s’en rend pas trop compte car elle est noire, sauf sur la platine où des traces de doigts révèlent le dépôt de poussière, mais elle a besoin d’un bon entretien.

Vue de l’autre côté.

La platine en gros plan, très poussiéreuse.

Le seau et les éponges du nettoyage. Au bout de deux ou trois rinçage d’éponge, l’eau ne semble plus trop transparente…

Enfin propre ! Non seulement lavée mais aussi huilée (pour la vis et les parties mobiles liées à la platine et au barreau), et graissée (pour les rails qui permettent au châssis de passer de la position d’encrage à celle d’impression).

Vue de derrière. Le poids suspendu au premier plan sert à faire revenir le barreau à sa position de repos.

Vue de devant. Au premier plan : les rails.

Les parties en laiton et en bronze ont été astiquées. C’est plus joli quand ça brille !

La plaque, sur une machine à imprimer, c’est un peu comme le nom de l’auteur sur la couverture d’un livre : la signature d’une œuvre. Et là, il y a toutes les raisons d’en être fier.

Vue de trois-quarts. Derrière, la bibliothèque technique.

La manivelle (sur la gauche) a été tournée. Le châssis et le marbre sont sortis en position d’encrage.

Le tympan est relevé, on voit le marbre, nu, sans aucun châssis.

Le marbre avec un châssis posé dessus.
L’entretien est terminé. Il va falloir procéder aux premiers essais d’impression et peut-être à quelques réglages. On verra ça plus tard…
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