En passant :  Les poulets sont des animaux particulièrement stupides : ils n'ont réussi à faire interdire leur consommation par aucune religion.  Soulignac
Les petits derniers...

L’homme au coin
La vie...

frnx-288-mini.jpg

10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
H. C.

 __________

Thomas Braun
La Bénédiction
des fromages

frnx-287-mini.jpg

8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
30 €

 __________

CLS
A pas feutrés

frnx-281-mini.jpg

Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
250 €

 __________

Marie-Rose de France
Dits

frnx-283-mini.jpg

26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
60 €

Ateliers ambulants

Ateliers pour enfants

thb
Prospectus

Le livre commenté

Marie-Rose de France
Dits

frnx-283-mini.jpg

36 p., format 10 x 14 cm.
composé et imprimé en
typographie au plomb
Tirage à 120 exemplaires.
60 €

(cliquer sur l'image
pour en savoir plus)

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Noir et bleu  -  par cls

Sable et azur
 

Il y a des jours où on lève les yeux au ciel parce qu'on est exaspéré de le voir si immuablement bleu, un bleu factice qui nous cache, à nous — bipèdes ordinaires ou extraordinaires — la noirceur, l'obscurité, de l'infini qui nous entoure. Mais il y a les nuits, les nuits où l'obscurité éclate au grand jour, profonde, intense, oppressante, comme un écran de papier noir percé, on ne sait pourquoi, de milliers de trous d'aiguilles.

À quoi ça rime cette alternance immuable de bleu et de noir ? À quoi ça sert ? À découper en fines tranches nos existences que nous croyons continues ?

Publié le 10/08/2026 @ 12:10  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Typographie végétale  -  par cls

La nature de la typo…
ou la typo de la Nature ?

— Oui, alors c’est dit…
— Heu… Qu’est-ce qui est dit… Je ne suis pas…
— Tu as des difficultés à me suivre, ou bien est-ce que tu n’existes pas ?
— Peu importe. Explique. Qu’est-ce qui est dit ?…
— C’est dit que ce n’est pas parce qu’on aime la typographie, et les machines à imprimer, et les techniques de l’imprimerie qu’on n’aime pas la Nature. Avec un grand N.
— Tu peux dire : « Avec une capitale initiale », ça va mieux faire couleur locale…
— Si tu veux, mais réponds à ma question…
— Pas d’incompatibilité — du moins pour moi — entre l’intérêt que je porte à la typographie et la satisfaction qui est mienne lorsque mon regard se pose sur la Nature (avec une capitale). Nous ne sommes pas dans le même registre… Quoique… quoique…
— Ça veut dire quoi ton « quoique » ?
— Ça veut dire que, parfois, les deux peuvent être intimement mêlés…
— … Comprends pas…
— Faut tout t’expliquer, à toi !…
— Bah…
— Tiens, regarde cette photo. La Nature nous donne une leçon de typo…

TypoVegetale-01.jpg
Arbres alphabétiques.

— Oui… ce sont des arbres… ils ont une forme bizarre…
— Tu ne vois pas que dans leur partie haute, ils forment un V et un i et dans leur partie inférieure un X et un Y ?
— Heu, si, peut-être…
— Comment « peut-être… ». C’est évident, non ?
— Heu…
— Tu crois « peut-être… » que c’est un photo-montage ? Alors, si tu doutes, je peux t’affirmer que ces arbres sont au bord de la route qui conduit à Quiberon, sur la presqu’île. Tu n’a qu’à y aller voir… pour vérifier.
— Si, si, je te crois…
— Bien. Et en les regardant d’une autre manière, en négligeant la branche fluette qui est à droite du Y, on peut lire vi et XI, ce qui, en chiffres romains, fait 6 et 11. On a, à la fois, avec ces arbres, des lettres et des nombres. Pas mal, la végétation ; pas mal, la Nature…
— Si tu le dis…
— Bon, là on est dans le sauvage, mais on peut faire aussi dans l’apprivoisé.
— C’est-à-dire ?…
— On peut s’intéresser à la végétation où la main de l’homme a mis le pied.
— Ah ?
— Oui, tiens, regarde…

TypoVegetale-02.jpg
Charleville.

— Laisse-moi deviner tout seul. C’est un massif dans une ville qui s’appelle Charleville. Mais ta photo, elle est pourrie, parce qu’on ne voit pas bien le CH du début. Et puis, c’est trop petit.

TypoVegetale-03.jpg
Ville.

— Et là, c’est encore trop petit ?
— Non… mais j’aurais préféré voir Charle… T’en a d’autres, des photos comme ça ?
— Ben oui…

TypoVegetale-04.jpg
Bouy.

— Et en plus, ici, t’as un vieux coucou…
— Je vois… rien d’autre ?
— Si, mais tu vas encore dire que c’est top petit.

TypoVegetale-05.jpg
Linthelles.

— T’as raison, c’est trop petit…
— Rien d’autre à dire ?
— Si, tu aurais pu te rapprocher.
— D’accord, mais quand je me rapproche trop, on lit pas bien… la preuve… je suis obligé de m’y prendre à deux fois.

TypoVegetale-06.jpg
St Siméon.

TypoVegetale-07.jpg
St Siméon.

— Ouais…
— Mais quand le nom est plus court, ça va.

TypoVegetale-08.jpg
Pleurs.

— T’as rien de plus gai que ces pleurs ?
— Si…

TypoVegetale-09.jpg
Gaye.

— … C’est un peu enchâssé, mais c’est plus gaye, non ?
— Ha, ha ! Est-il drôle ! Je ris à gorge dévoyée ! Mais je trouve un peu lassant tous ces noms avec, à chaque fois, les mêmes buissons de verdure… Tu n’as rien d’autre ?

TypoVegetale-10.jpg
Marnay.

— Ça te va, ça ?
— Moui… Tu n’as rien de moins orange ?…
— Pfff…

Publié le 03/08/2026 @ 12:10  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Belles phrases [42]  -  par cls

Expression directe

Les fréquenteurs réguliers de ce site — s’il y en a — ont remarqué que le billet du lundi n’est pas arrivé hier comme c’était de tradition depuis le début d’année. Une raison ? Oui, bien-sûr, il y en a une : on a passé cette journée d’hier à récupérer du matériel chez un confrère sympathique (et un peu triste) qui fermait définitivement l’imprimerie créée par son grand-père, puis tenue par son père avant qu’il ne la prenne en charge. Quel matériel ? Un peu de plomb, une huitaine de casses de 50 cm, beaucoup de caractères bois (inventaire encore à faire, les caractères sont empilés dans une quinzaine de petits cartons), un comparateur et une foultitude de numéroteurs. Sans compter les rames de papier. Ça, c’est uniquement pour le petit matériel récupéré hier. Viendra dans un avenir proche, pour grossir l’atelier de Fornax, une presse Stanhope de chez Berthier (quarante ans que j’en voulais une), et du gros matériel de reliure pour la madame que je vis avec. On en reparlera peut-être, si l’occasion se présente.

Ça, c’était pour tenter d’excuser le retard du billet du lundi. On comprendra que je n’ai pas trop le temps de vous concocter un billet assez long et assez documenté comme j’en avais pris l’habitude. J’ai tout le matériel d’hier à ranger. Alors, pour ne pas vous laisser sur votre faim de culture gé ou de culture typographique, j’ai ressorti de mes archives un cliché qui peut prêter à discussion dans tous les sens du terme. Il date un peu. Mars 2017. Il ne s’insère donc dans aucune actualité...

TypoExpressive.jpg
Collage sauvage.

La typographie est, en général, au service du texte. La typographie expressive, comme on en voit ici, est au service de l’expression. Pas d’image, rien que du texte. Mais du texte déstructuré qui va attirer l’œil et arrêter le passant qui passe pour qu’il fasse l’effort d’en comprendre le contenu.

Terminons sur une pirouette, sur une plaisanterie un peu éculée : On a affaire ici à beaucoup de polices et de corps pour parler de police et de morts.

Publié le 28/07/2026 @ 11:52  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Couverts  -  par cls

Caniculum vitæ

C’est l’été depuis quelques temps déjà. Sans vouloir nous vanter, nous sommes vachement balaises d’avoir échappé à trois canicules successives. Enfin, pour être exactement exact et causer bon la france-langue avec bon les mots et bonnes les expressions, on ne peut pas parler à proprement parler de trois canicules. On aurait mieux fait de dire qu’on a traversé trois périodes de chaleur intense très au-dessus des chaleurs normalement constatées pendant ces périodes. Mais c’est foutrement trop long à dire, alors on dit canicule parce que c’est plus court. Mais c’est pas vrai quand on dit ça. D’abord parce que des canicules peut pas y en avoir trois dans la même année, vu qu’il n’y en a qu’une de possible par année. Pourquoi ? Parce que la canicule, c’est la période de l’année qui va du 22 juillet au 23 août quand le soleil se lève en même temps que la constellation du Grand Chien. Tout le monde sait ça depuis les Romains, sauf vous, là-bas, oui vous, toujours le même, avec vos deux gros yeux globuleux pleins d’étonnement. Grand Chien, toutou, ouah ouah ! canis en latin, la langue qu’ils causaient, les Romains. Canis, d’où canicule. Et cette canicule, la vraie, elle n’est pas encore commencée ; elle commencera dans deux jours seulement.

Bon, on n’a pas forcément la culturation de savoir ça. Et on s’en fout un peu, vu qu’on est en vacances avec seulement un string comme vêtition, hein ? Mais faut quand même faire gaffe aux coups de soleil si qu’on n’a pas étalé sur son épiderme délicat de vacancier en goguette, la crème protectrice et salvatrice qu’on a acheté une blinde chez le pharmacien du coin, qui en profite pour faire ses petits bénefs estivaux. Y’a pas de petits profits dans la vie et dans nos sociétés capitalistes et fières de l’être.

Mais en amont, est-ce qu’on a pris aussi une autre précaution, celle de maigrir sans s’aigrir ? Petit régime pré-vacancier, histoire de paraître un peu moins ridicule auprès des autres, avec un peu moins de bourrelets, un peu moins de bide, un peu moins de pneu, un peu moins de hanches adipeuse (A dit quoi ? — A dit peu !) Parce que le regard de l’autre, ça compte. Surtout quand c’est un regard de commisération, ou de reproche, voire de dégoût. On s’est privé de manger tout ce qu’on aime pendant deux mois (ou un peu moins), hein, mâme Germaine, pour être plus présentable en oubliant les bonbons, contrairement à la chanson de Brel. Et ce régime, plus ou moins dictatorial, fait le bonheur des médecins nutritionnistes car faut pas que ce soient les seuls pharmaciens avec leur crème, qui doivent profiter de la manne financière. Bah, tiens !

Pourtant, on a une solution encore plus simple qui évite les nutritionnistes. Ne plus rien manger du tout. Ah, c’est pas facile, mais on peut y arriver. La preuve, Jésus, dans le désert, il n’a pas bouffé pendant quarante jours, et en plus, il était emmerdé par le Diable. Bien sûr, tout le monde n’est pas Jésus. C’est pour ça qu’on peut s’aider avec un petit set d’outils bien utile. Je vous en mets la photo, là, juste dessous.

Couverts.jpg
Couverts trouvable dans tout magasin digne de ce nom.

Publié le 20/07/2026 @ 17:26  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Soufflet  -  par cls

Un clystère typographique,
le soufflet à casses

Ah, ma brave dame ! Ah, mon bon monsieur ! Quelle horrible chose que la poussière ! Elle est partout, elle s’insinue partout, elle se dépose sur tout et surtout, elle salit tout ! Qui ne rêve pas — du plus petit au plus grand, du plus célèbre au plus obscur, du plus jeune au plus vieux, du plus progressiste au plus conservateur, du plus masculin à la plus féminine — qui ne rêve pas d’un monde sans poussière ? Ah, bien sûr, femmes et hommes de ménage vont y trouver à redire car elle est au cœur de leur travail, cette poussière, mais ces bipèdes travailleurs de tous sexes et de toutes origines sont minorité et nos sociétés absurdes nous ont convaincu qu’il faut négliger les minorités. Alors négligeons, négligeons, même à contre-cœur… et rêvons à un monde sans poussière. Rêvons, oui, rêvons mais point trop longtemps car, hélas, il y a loin du rêve à la réalité. Et, quand nous ouvrons à nouveau nos yeux (nous les avions fermés pour rêver) et que nous jetons un regard circulaire autour de nous, nous ne voyons que la poussière, envahissante, insinuante, salissante… Triste constat, amère désillusion…

« Poussière, poussière, toujours accumulée ! » aurait pu dire Paul Valéry s’il n’avait été obsédé que par la mer. Car cette poussière est bien plus obsédante, et bien plus dangereuse que la mer. Bien plus dangereuse, même, que la guerre — cette ineptie humaine — car la poussière n’en finit jamais alors que la guerre s’ingénie toujours à en finir un jour, ne serait-ce que par manque de combattants ou de ressources financières.

La guerre contre la poussière — Heu, guerre est un mot ici un peu fort, allez, disons : la lutte, et n’en parlons plus — la lutte contre la poussière est une lutte sans fin qui touche tous les individus de tous les milieux, de toutes les sociétés, des plus stupides (comme la Société des Adorateurs du mou de veau) aux plus prestigieuses (comme la Société des Amis de la mer de Paul Valéry). Les bipèdes ordinaires (et même extraordinaires) ont toujours su se doter d’outils de lutte contre la poussière. Tous les bipèdes. Ainsi, avec moult précautions ils se rendent dans des lieux idoines (quincailleries, grands magasins) pour se procurer contre une part non négligeable de leurs salaires : balais brosse ou de coco, plumeaux, chiffons électrostatiques, wassingues, aspirateurs de tous poils et, leur outil de prédilection en main, ils entrent en lutte…

Les typos et les typotes quittent leurs p’tits pots (de vin) et leurs tea pots (avec citron et lait) pour lutter contre la poussière qui envahit leurs casses et qui leur salit les doigts. « Déjà — disent-ils ou disent-elles — que le plomb propre salit les mains, alors… quand le plomb est poussiéreux, c’est intolérable ! » Ils empoignent alors le soufflet à casses qui ressemble si fort à un clystère utilisés par nos arrières-grands-oncles et de nos arrières-grandes-tantes du temps que Molière était encore en vie…

Cassetin après cassetin, typos et typotes confondus soufflent pour chasser la poussière afin de libérer la casse de l’emprise de la poussière. Les esprits chagrins diront, avec une moue caustique et un petit rire énervant : « À quoi cela peut-il bien servir ? La poussière soufflée finit toujours par retomber dans la casse quand elle ne s’insinue pas dans les poumons du souffleur, c’est ridicule et inutile ! » Peut-être, peut-on leur répondre, mais il suffit de se placer hors de l’atelier par temps de léger vent, et la poussière s’envole ailleurs, sur les draps de la lavandière, par exemple, qui vient juste de les étendre sur un fil… La casse ainsi dépoussiérée peut alors trouver de nouveau place dans l’atelier.

Cette pratique typographique, qui a un peu perdu de son actualité, peut encore, de nos jours, être illustrée de quelques images explicatives. Ouvrons nos yeux et souvenons-nous :

Soufflet-1.jpg
Ah, zut ! une casse poussiéreuse…

Soufflet-2.jpg
Vite, le soufflet à casses !

Soufflet-3.jpg
L’extrémité du soufflet qui peut entrer dans chaque cassetin, même les plus étroits.

Soufflet-4.jpg
Introduction dans un cassetin, actionnement du piston du soufflet (comme une pompe à vélo).

Soufflet-5.jpg
Le soufflet souffle…

Soufflet-6.jpg
La poussière s’envole…

Soufflet.gif
Le mouvement du soufflage en continu…

La casse dépoussiérée est une casse de 50 cm de large. La plus petite dimension de casse. Cela pour prouver que le soufflet peut être utilisé sur tous les types et toutes les dimensions de casses. Maintenant, je vais chercher l’aspirateur pour me débarrasser de toute cette poussière qui s’est déposée dans l’atelier…

Publié le 13/07/2026 @ 20:53  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
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