En passant :   Hé, les jeunes ! La révolte est l'apanage de la jeunesse, alors... arrêtez de vieillir !   Soulignac
Ateliers ambulants

Ateliers pour enfants

thb
Prospectus

Derniers billets

Bibliotératologie

Chez les metteurs en page [1]

Impressions

Pochoir

Scolalinogravure

—♦—

L’atelier de CLS
(vidéos)

CLS-bois

Catalogue général
Typo et alentours
Calendrier
Bienvenue sur Fornax

Fornax éditeur

est un éditeur artisan établi en Champagne (dans le petit village de Bannes)
qui a aussi eu pendant 26 ans un atelier en Île de France (dans le petit village de Paris),
mais ne l'a plus.

 
L'atelier de Bannes
L'atelier de Bannes

L'atelier de Bannes.

 

 Fornax n'édite que de la littérature – illustrée ou non d'estampes – suivant les goûts et humeurs de Christian Laucou qui préside à ses destinées. Ceux-ci le portent (sans exclusive) vers la littérature contemporaine et celle qu'il appelle « de l'entre deux guerres » (comprendre entre 1870 et 1914).

 Christian Laucou, typographe traditionnel au plomb et imprimeur, conçoit tous les livres de Fornax et en imprime la quasi totalité. Il est aussi imprimeur à façon en typographie et pédagogue. On trouvera toutes les informations au sujet de ces deux activités sur son site professionnel : cls-typo.

 Plumitif discret, il lui arrive aussi de commettre de la littérature ; il prend alors le nom de Christian Soulignac ou signe CLS afin de séparer l'activité littéraire de l'activité éditoriale. Il tient plus ou moins régulièrement un blog orienté typographie, principalement la « typo des rues ». On en trouve les derniers billets ci-dessous.

Les 2 derniers billets
Soufflet  -  par cls

Un clystère typographique,
le soufflet à casses

Ah, ma brave dame ! Ah, mon bon monsieur ! Quelle horrible chose que la poussière ! Elle est partout, elle s’insinue partout, elle se dépose sur tout et surtout, elle salit tout ! Qui ne rêve pas — du plus petit au plus grand, du plus célèbre au plus obscur, du plus jeune au plus vieux, du plus progressiste au plus conservateur, du plus masculin à la plus féminine — qui ne rêve pas d’un monde sans poussière ? Ah, bien sûr, femmes et hommes de ménage vont y trouver à redire car elle est au cœur de leur travail, cette poussière, mais ces bipèdes travailleurs de tous sexes et de toutes origines sont minorité et nos sociétés absurdes nous ont convaincu qu’il faut négliger les minorités. Alors négligeons, négligeons, même à contre-cœur… et rêvons à un monde sans poussière. Rêvons, oui, rêvons mais point trop longtemps car, hélas, il y a loin du rêve à la réalité. Et, quand nous ouvrons à nouveau nos yeux (nous les avions fermés pour rêver) et que nous jetons un regard circulaire autour de nous, nous ne voyons que la poussière, envahissante, insinuante, salissante… Triste constat, amère désillusion…

« Poussière, poussière, toujours accumulée ! » aurait pu dire Paul Valéry s’il n’avait été obsédé que par la mer. Car cette poussière est bien plus obsédante, et bien plus dangereuse que la mer. Bien plus dangereuse, même, que la guerre — cette ineptie humaine — car la poussière n’en finit jamais alors que la guerre s’ingénie toujours à en finir un jour, ne serait-ce que par manque de combattants ou de ressources financières.

La guerre contre la poussière — Heu, guerre est un mot ici un peu fort, allez, disons : la lutte, et n’en parlons plus — la lutte contre la poussière est une lutte sans fin qui touche tous les individus de tous les milieux, de toutes les sociétés, des plus stupides (comme la Société des Adorateurs du mou de veau) aux plus prestigieuses (comme la Société des Amis de la mer de Paul Valéry). Les bipèdes ordinaires (et même extraordinaires) ont toujours su se doter d’outils de lutte contre la poussière. Tous les bipèdes. Ainsi, avec moult précautions ils se rendent dans des lieux idoines (quincailleries, grands magasins) pour se procurer contre une part non négligeable de leurs salaires : balais brosse ou de coco, plumeaux, chiffons électrostatiques, wassingues, aspirateurs de tous poils et, leur outil de prédilection en main, ils entrent en lutte…

Les typos et les typotes quittent leurs p’tits pots (de vin) et leurs tea pots (avec citron et lait) pour lutter contre la poussière qui envahit leurs casses et qui leur salit les doigts. « Déjà — disent-ils ou disent-elles — que le plomb propre salit les mains, alors… quand le plomb est poussiéreux, c’est intolérable ! » Ils empoignent alors le soufflet à casses qui ressemble si fort à un clystère utilisés par nos arrières-grands-oncles et de nos arrières-grandes-tantes du temps que Molière était encore en vie…

Cassetin après cassetin, typos et typotes confondus soufflent pour chasser la poussière afin de libérer la casse de l’emprise de la poussière. Les esprits chagrins diront, avec une moue caustique et un petit rire énervant : « À quoi cela peut-il bien servir ? La poussière soufflée finit toujours par retomber dans la casse quand elle ne s’insinue pas dans les poumons du souffleur, c’est ridicule et inutile ! » Peut-être, peut-on leur répondre, mais il suffit de se placer hors de l’atelier par temps de léger vent, et la poussière s’envole ailleurs, sur les draps de la lavandière, par exemple, qui vient juste de les étendre sur un fil… La casse ainsi dépoussiérée peut alors trouver de nouveau place dans l’atelier.

Cette pratique typographique, qui a un peu perdu de son actualité, peut encore, de nos jours, être illustrée de quelques images explicatives. Ouvrons nos yeux et souvenons-nous :

Soufflet-1.jpg
Ah, zut ! une casse poussiéreuse…

Soufflet-2.jpg
Vite, le soufflet à casses !

Soufflet-3.jpg
L’extrémité du soufflet qui peut entrer dans chaque cassetin, même les plus étroits.

Soufflet-4.jpg
Introduction dans un cassetin, actionnement du piston du soufflet (comme une pompe à vélo).

Soufflet-5.jpg
Le soufflet souffle…

Soufflet-6.jpg
La poussière s’envole…

Soufflet.gif
Le mouvement du soufflage en continu…

La casse dépoussiérée est une casse de 50 cm de large. La plus petite dimension de casse. Cela pour prouver que le soufflet peut être utilisé sur tous les types et toutes les dimensions de casses. Maintenant, je vais chercher l’aspirateur pour me débarrasser de toute cette poussière qui s’est déposée dans l’atelier…

Un clystère typographique,
le soufflet à casses

Ah, ma brave dame ! Ah, mon bon monsieur ! Quelle horrible chose que la poussière ! Elle est partout, elle s’insinue partout, elle se dépose sur tout et surtout, elle salit tout ! Qui ne rêve pas — du plus petit au plus grand, du plus célèbre au plus obscur, du plus jeune au plus vieux, du plus progressiste au plus conservateur, du plus masculin à la plus féminine — qui ne rêve pas d’un monde sans poussière ? Ah, bien sûr, femmes et hommes de ménage vont y trouver à redire car elle est au cœur de leur travail, cette poussière, mais ces bipèdes travailleurs de tous sexes et de toutes origines sont minorité et nos sociétés absurdes nous ont convaincu qu’il faut négliger les minorités. Alors négligeons, négligeons, même à contre-cœur… et rêvons à un monde sans poussière. Rêvons, oui, rêvons mais point trop longtemps car, hélas, il y a loin du rêve à la réalité. Et, quand nous ouvrons à nouveau nos yeux (nous les avions fermés pour rêver) et que nous jetons un regard circulaire autour de nous, nous ne voyons que la poussière, envahissante, insinuante, salissante… Triste constat, amère désillusion…

« Poussière, poussière, toujours accumulée ! » aurait pu dire Paul Valéry s’il n’avait été obsédé que par la mer. Car cette poussière est bien plus obsédante, et bien plus dangereuse que la mer. Bien plus dangereuse, même, que la guerre — cette ineptie humaine — car la poussière n’en finit jamais alors que la guerre s’ingénie toujours à en finir un jour, ne serait-ce que par manque de combattants ou de ressources financières.

La guerre contre la poussière — Heu, guerre est un mot ici un peu fort, allez, disons : la lutte, et n’en parlons plus — la lutte contre la poussière est une lutte sans fin qui touche tous les individus de tous les milieux, de toutes les sociétés, des plus stupides (comme la Société des Adorateurs du mou de veau) aux plus prestigieuses (comme la Société des Amis de la mer de Paul Valéry). Les bipèdes ordinaires (et même extraordinaires) ont toujours su se doter d’outils de lutte contre la poussière. Tous les bipèdes. Ainsi, avec moult précautions ils se rendent dans des lieux idoines (quincailleries, grands magasins) pour se procurer contre une part non négligeable de leurs salaires : balais brosse ou de coco, plumeaux, chiffons électrostatiques, wassingues, aspirateurs de tous poils et, leur outil de prédilection en main, ils entrent en lutte…

Les typos et les typotes quittent leurs p’tits pots (de vin) et leurs tea pots (avec citron et lait) pour lutter contre la poussière qui envahit leurs casses et qui leur salit les doigts. « Déjà — disent-ils ou disent-elles — que le plomb propre salit les mains, alors… quand le plomb est poussiéreux, c’est intolérable ! » Ils empoignent alors le soufflet à casses qui ressemble si fort à un clystère utilisés par nos arrières-grands-oncles et de nos arrières-grandes-tantes du temps que Molière était encore en vie…

Cassetin après cassetin, typos et typotes confondus soufflent pour chasser la poussière afin de libérer la casse de l’emprise de la poussière. Les esprits chagrins diront, avec une moue caustique et un petit rire énervant : « À quoi cela peut-il bien servir ? La poussière soufflée finit toujours par retomber dans la casse quand elle ne s’insinue pas dans les poumons du souffleur, c’est ridicule et inutile ! » Peut-être, peut-on leur répondre, mais il suffit de se placer hors de l’atelier par temps de léger vent, et la poussière s’envole ailleurs, sur les draps de la lavandière, par exemple, qui vient juste de les étendre sur un fil… La casse ainsi dépoussiérée peut alors trouver de nouveau place dans l’atelier.

Cette pratique typographique, qui a un peu perdu de son actualité, peut encore, de nos jours, être illustrée de quelques images explicatives. Ouvrons nos yeux et souvenons-nous :

Soufflet-1.jpg
Ah, zut ! une casse poussiéreuse…

Soufflet-2.jpg
Vite, le soufflet à casses !

Soufflet-3.jpg
L’extrémité du soufflet qui peut entrer dans chaque cassetin, même les plus étroits.

Soufflet-4.jpg
Introduction dans un cassetin, actionnement du piston du soufflet (comme une pompe à vélo).

Soufflet-5.jpg
Le soufflet souffle…

Soufflet-6.jpg
La poussière s’envole…

Soufflet.gif
Le mouvement du soufflage en continu…

La casse dépoussiérée est une casse de 50 cm de large. La plus petite dimension de casse. Cela pour prouver que le soufflet peut être utilisé sur tous les types et toutes les dimensions de casses. Maintenant, je vais chercher l’aspirateur pour me débarrasser de toute cette poussière qui s’est déposée dans l’atelier…

Fermer

Publié le 13/07/2026 @ 20:53  - aucun commentaire - aucun commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Dans la nature  -  par cls

Des couleurs
pour passer le temps…

On prévoit des choses, on prévoit… et Bam ! Bing ! Boum ! y’a un truc qui vous en empêche. Les choses et les trucs, avec moi, n’ont jamais fait bon ménage. J’avais prévu de vous faire un joli billet technique pour vous faire la nique avec la tech (ancienne)… mais la tech (nouvelle) n’a pas vu tout ça d’un bon œil, ni d’une bonne oreille [la tech (moderne) ne s’intéresse qu’à l’œil et à l’oreille, le reste elle s’en fout… pour l’instant]. La tech (moderne), s’est dit, dans son crâne de tech plein de 1 et de 0 : « Tiens, je suis sûre qu’il va encore nous déblatérer des phrases et des phrases sur une machine qui date d’avant la création de l’univers, ou d’une technique à la mords-moi les ronds de chapeaux pour les transformer en donuts (c’est la mode d’ingurgiter de l’innommable sous prétexte qu’il y a du vide au milieu)… moi, j’en ai marre ! Je vais z’y faire une bonne blague, à c’t’olibrius. » Et elle a fait exprès de planter mon ordurateur pour pas que je passe mon billet. Plantage toute la matinée sous prétexte de mise à jour… qui ne s’est pas faite parce qu’elle n’avait pas la place pour bouger les coudes, ni pour manier le marteau-piqueur, ni pour tourner le cruciforme à manche nickelé dont elle se sert comme un pied pour visser dans le sens de la vie, rien que pour voir l’effet que ça fait sur moi. Elle sait maintenant : ça m’énerve.

Donc, moi, plus le temps de faire mon beau billet tout neuf, tiré à ma boîte à billets neufs dans mon crâne, à l’aide de ma carte à puce pour boîte à billets neufs insérée par l’oreille avec le code idoine ; un billet plein de belles informations vérifiées, aux sources incontestables, aux photos imparables et incomparables faites spécialement pour, aux belles phrases qui s’enchaînent à la perfection et qui égrainent leur savoir comme dans une boîte à musique bien huilée, en bois précieux qui, dès qu’on en soulève le couvercle, vous fredonne le standard cinématographico-musical Hello, le soleil brille, brille, brille ! Enfin, vous voyez le topo !…

Je vais faire dans le simple, dans le rapide, dans le concret, dans le visuel, puisqu’y a que ça qui marche, avec le sonore. Foin du tactile, basta de l’olfactif, quant au gustatif, on vous donne exceptionnellement le droit d’entr’ouvrir la bouche pour suçaraquer votre souris ou votre pad, vous verrez, c’est pas terrible. Tiens, ça me donne une idée. Une idée à refourguer à nos gentils fabriquants d’ordurateurs : les faire fabriquer dans des matériaux comestibles bourrés de merveilleux parfums synthétisés à partir de nos déchets. On boufferait nos ordurateurs avec joie ; alors ils en vendraient encore plus, et on pourrait les enterrer dans un linceul encore plus plein de beaux billets de banque pour que ça soit plus confortable, des billets qui n’ont rien à voir avec les miens, qui valent beaucoup moins, cela dit en passant. Je vais faire dans le simple, ai-je dit, je vais parler des couleurs. C’est bête comme chou, les couleurs, sauf pour les aveugles, bien sûr, qui doivent faire preuve d’imagination. Mais c’est bien l’imagination…

Je vais vous parler des couleurs, mais pas de n’importe quelles couleurs. Pas les couleurs des drapeaux. Moi, les couleurs des drapeaus, c’est pas mon truc. Je m’en fous un peu des drapaults et de leurs couleurs. Je m’en fous surtout des drapaux. Même que ça sert à rien les drapeaults. Simplement à bouger dans le vent quand il y a du vent, mais du vent, y’en a pas toujours, alors ils pendant lamentablement parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre quand il n’y a pas de vent, celui de l’histoire ou un autre, peu importe. Si seulement on s’en servait, des drapôs, pour sécher les larmes des enfants, ou les moucher quand on leur apprend que leur papa ou leur maman sont morts pour la patrie ou toute autre raison plus ou moins stupide de cet ordre ou de ce désordre, si seulement on s’en servait pour ça, rien que pour ça… ils commenceraient à être un peu utiles, les drapaus. Mais même pas…

Donc, je ne vais pas vous parler des couleurs des drapots. Je vais vous parler des couleurs de la Nature. Passe que l’être le plus intelligent et le plus important sur cette planète, c’est bien la Nature. C’est incontestable, j’espère que c’est incontesté. Bien sûr, c’est pas la Nature qui a inventé les couleurs. C’est le cerveau de l’œil, tout le monde sait ça. Le cerveau de l’œil, il fabrique les couleurs à partir de ce qu’il voit. Il voit des longueurs d’onde, et pof ! il fabrique des couleurs. Il voit une longueur d’onde de 520 nm et pof ! il fabrique du vert. Comme ça, instantanément. Il est très fort, le cerveau de l’œil. La Nature, elle est très forte aussi, parce qu’elle sait fabriquer plein de choses avec pas beaucoup de matière première. Surtout en les combinant. Elle combine, elle combine tout le temps. Parfois elle réussit, parfois ça rate, comme avec nous, les bipèdes. Mais elle se décourage pas, la Nature. Elle continue à combiner. Elle s’en lasse pas…

Arrivé ici, j’en ai un peu marre de causer. Je pourrais continuer, mais j’en ai un peu marre. Vraiment. Alors, je vais vous passer des images. Vous aimez les images, j’en suis sûr. Tout le monde aime les images. Et comme vous faites partie du groupe Tout le monde, vous aimez forcément les images. En voilà, les longueurs d’onde autour de 520 nm y sont omniprésentes :

Couleur01.jpg
Bien sûr, il y a la terre, mais il y a aussi l’eau, alors on s’en débarrasse, pour commencer. Le bleu-gris de l’eau de mer à écume blanche sous le blanc et bleu layette du ciel.

Couleur02.jpg
Les rayures vert tendre et marron du champ de Marcel devant le vert émeraude des arbres.

Couleur03.jpg
Le brun roux des feuilles d’automne derrière le vert persistant d’un réfractaire en fleur.

Couleur04.jpg
Le rouge des pommes caché dans le vert des feuilles.

Couleur05.jpg
Le mauve pâle, presque blanc des fleurs de lin perchées sur leurs longues tiges vertes et droites.

Couleur22.jpg
Le mauve des fleurs de lin tranche sur le vert herbeux des tiges.

Couleur06.jpg
Le rouge intense des coquelicots coincé entre le vert de l’herbe et le bleu et blanc du ciel.

Couleur23.jpg
Le rouge du coquelicot trouve sa complémentaire dans le vert de sa tige, merveilleux arrangement.

Couleur07.jpg
Le blanc pur des fleurs de pavot somnifère qui nous tournent le dos pour mieux dormir.

Couleur08.jpg
Le rouge carmin des feuilles du prunus éclairées par le soleil.

Couleur09.jpg
Le noir des arbres aux fruits corvidés sous un ciel gris d’automne finissant.

Couleur10.jpg
Le vert et jaune des champs sous le bleu et blanc du ciel.

Couleur11.jpg
Le givre blanchissant du paysage dans une brume opacifiante.

Couleur12.jpg
Le rouge du fruit ovale percé des aiguilles blanches et pointues du givre.

Couleur13.jpg
Le double arc en ciel dans le gris de l’orage convainc le champ vert fluo de se transformer en flèche.

Couleur14.jpg
Le pinceau lumineux de la base de l’arc en ciel repeint le paysage du violet au rouge pour oublier le gris du ciel.

Couleur15.jpg
Le rose et blanc des fleurs de pommier vient égayer le vert et brun des branches.

Couleur16.jpg
Le vert du blé en herbe et le jaune du colza en fleur permettent à l’arbre éloigné de marquer sa place sous le ciel blanc de nuages.

Couleur17.jpg
Les trois chevaux blancs broutent des boutons d’or devant une frondaison émeraude.

Couleur18.jpg
Les pavots en fleurs tapissent de blanc jusqu’à l’horizon.

Couleur19.jpg
Les branches nues et noires se sont habillées de glace transparente pour combattre le froid.

Couleur20.jpg
Les bourgeons à peine éclos se sont revêtus d’une armure de glace qui cache mal le marron de leur naissance.

Couleur21.jpg
Les fleurs blanches au cœur jaune des pommes de terre sèment de pois clairs le vert de la robe du champ.

Couleur24.jpg
Le vert tendre du blé qui n’a pas commencé à mûrir, ponctué de trois gouttelettes de sang coqueliquesques.

Couleur25.jpg
Le jaune grisâtre du blé qui ne demande qu’à être moissonné.

Couleur26.jpg
Le jaune d’or du tournesol au cœur brun qui se tourne vers nous pour fêter le soleil.

Couleur27.jpg
Les timides jeunes tournesols n’osent pas montrer le jaune leurs pétales au passant qui les observe et veulent se fondre dans le vert du feuillage.

Couleur28.jpg
Le rouge des prunes du prunier aux feuilles rouges, un joli camaïeu.

Couleur29.jpg
Les prunes jaunes du prunier à feuilles vertes, rondes comme des billes et chauffées par le soleil.

Couleur30.jpg
Le jaune du colza s’est assombri de gris sous le ciel orageux.

Couleur31.jpg
Une symphonie de verts : le vert-jaune de la vigne, le vert cru de l’herbe, le vert émeraude du blé en herbe, le vert diffus des champs à l’horizon ponctués du jaune du colza sous le bleu-gris du ciel.

Couleur32.jpg
Et c’est le vert, encore le vert, toujours le vert qui cherche presque à colorer de vert le gris du ciel.

Couleur33.jpg
La journée se termine. Le champ tente de garder sa chaleur sous sa couverture d’ombre, le ciel bleu blanchit, rosit, jaunit, se teinte d’orange pour oublier que dans quelques instants il noircira pour faire la part belle à la lune, toute petite, là-haut, que l’on distingue à peine.

Couleur34.jpg
Le noir est arrivé. La lune, pleine, ronde, blanche, éclaire d’une lueur fantômatique l’arbre nu au squelette inquiétant.

Voilà. Comme quoi, même si ça compte pour beaucoup, y’a pas que la typo dans la vie…

Des couleurs
pour passer le temps…

On prévoit des choses, on prévoit… et Bam ! Bing ! Boum ! y’a un truc qui vous en empêche. Les choses et les trucs, avec moi, n’ont jamais fait bon ménage. J’avais prévu de vous faire un joli billet technique pour vous faire la nique avec la tech (ancienne)… mais la tech (nouvelle) n’a pas vu tout ça d’un bon œil, ni d’une bonne oreille [la tech (moderne) ne s’intéresse qu’à l’œil et à l’oreille, le reste elle s’en fout… pour l’instant]. La tech (moderne), s’est dit, dans son crâne de tech plein de 1 et de 0 : « Tiens, je suis sûre qu’il va encore nous déblatérer des phrases et des phrases sur une machine qui date d’avant la création de l’univers, ou d’une technique à la mords-moi les ronds de chapeaux pour les transformer en donuts (c’est la mode d’ingurgiter de l’innommable sous prétexte qu’il y a du vide au milieu)… moi, j’en ai marre ! Je vais z’y faire une bonne blague, à c’t’olibrius. » Et elle a fait exprès de planter mon ordurateur pour pas que je passe mon billet. Plantage toute la matinée sous prétexte de mise à jour… qui ne s’est pas faite parce qu’elle n’avait pas la place pour bouger les coudes, ni pour manier le marteau-piqueur, ni pour tourner le cruciforme à manche nickelé dont elle se sert comme un pied pour visser dans le sens de la vie, rien que pour voir l’effet que ça fait sur moi. Elle sait maintenant : ça m’énerve.

Donc, moi, plus le temps de faire mon beau billet tout neuf, tiré à ma boîte à billets neufs dans mon crâne, à l’aide de ma carte à puce pour boîte à billets neufs insérée par l’oreille avec le code idoine ; un billet plein de belles informations vérifiées, aux sources incontestables, aux photos imparables et incomparables faites spécialement pour, aux belles phrases qui s’enchaînent à la perfection et qui égrainent leur savoir comme dans une boîte à musique bien huilée, en bois précieux qui, dès qu’on en soulève le couvercle, vous fredonne le standard cinématographico-musical Hello, le soleil brille, brille, brille ! Enfin, vous voyez le topo !…

Je vais faire dans le simple, dans le rapide, dans le concret, dans le visuel, puisqu’y a que ça qui marche, avec le sonore. Foin du tactile, basta de l’olfactif, quant au gustatif, on vous donne exceptionnellement le droit d’entr’ouvrir la bouche pour suçaraquer votre souris ou votre pad, vous verrez, c’est pas terrible. Tiens, ça me donne une idée. Une idée à refourguer à nos gentils fabriquants d’ordurateurs : les faire fabriquer dans des matériaux comestibles bourrés de merveilleux parfums synthétisés à partir de nos déchets. On boufferait nos ordurateurs avec joie ; alors ils en vendraient encore plus, et on pourrait les enterrer dans un linceul encore plus plein de beaux billets de banque pour que ça soit plus confortable, des billets qui n’ont rien à voir avec les miens, qui valent beaucoup moins, cela dit en passant. Je vais faire dans le simple, ai-je dit, je vais parler des couleurs. C’est bête comme chou, les couleurs, sauf pour les aveugles, bien sûr, qui doivent faire preuve d’imagination. Mais c’est bien l’imagination…

Je vais vous parler des couleurs, mais pas de n’importe quelles couleurs. Pas les couleurs des drapeaux. Moi, les couleurs des drapeaus, c’est pas mon truc. Je m’en fous un peu des drapaults et de leurs couleurs. Je m’en fous surtout des drapaux. Même que ça sert à rien les drapeaults. Simplement à bouger dans le vent quand il y a du vent, mais du vent, y’en a pas toujours, alors ils pendant lamentablement parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre quand il n’y a pas de vent, celui de l’histoire ou un autre, peu importe. Si seulement on s’en servait, des drapôs, pour sécher les larmes des enfants, ou les moucher quand on leur apprend que leur papa ou leur maman sont morts pour la patrie ou toute autre raison plus ou moins stupide de cet ordre ou de ce désordre, si seulement on s’en servait pour ça, rien que pour ça… ils commenceraient à être un peu utiles, les drapaus. Mais même pas…

Donc, je ne vais pas vous parler des couleurs des drapots. Je vais vous parler des couleurs de la Nature. Passe que l’être le plus intelligent et le plus important sur cette planète, c’est bien la Nature. C’est incontestable, j’espère que c’est incontesté. Bien sûr, c’est pas la Nature qui a inventé les couleurs. C’est le cerveau de l’œil, tout le monde sait ça. Le cerveau de l’œil, il fabrique les couleurs à partir de ce qu’il voit. Il voit des longueurs d’onde, et pof ! il fabrique des couleurs. Il voit une longueur d’onde de 520 nm et pof ! il fabrique du vert. Comme ça, instantanément. Il est très fort, le cerveau de l’œil. La Nature, elle est très forte aussi, parce qu’elle sait fabriquer plein de choses avec pas beaucoup de matière première. Surtout en les combinant. Elle combine, elle combine tout le temps. Parfois elle réussit, parfois ça rate, comme avec nous, les bipèdes. Mais elle se décourage pas, la Nature. Elle continue à combiner. Elle s’en lasse pas…

Arrivé ici, j’en ai un peu marre de causer. Je pourrais continuer, mais j’en ai un peu marre. Vraiment. Alors, je vais vous passer des images. Vous aimez les images, j’en suis sûr. Tout le monde aime les images. Et comme vous faites partie du groupe Tout le monde, vous aimez forcément les images. En voilà, les longueurs d’onde autour de 520 nm y sont omniprésentes :

Couleur01.jpg
Bien sûr, il y a la terre, mais il y a aussi l’eau, alors on s’en débarrasse, pour commencer. Le bleu-gris de l’eau de mer à écume blanche sous le blanc et bleu layette du ciel.

Couleur02.jpg
Les rayures vert tendre et marron du champ de Marcel devant le vert émeraude des arbres.

Couleur03.jpg
Le brun roux des feuilles d’automne derrière le vert persistant d’un réfractaire en fleur.

Couleur04.jpg
Le rouge des pommes caché dans le vert des feuilles.

Couleur05.jpg
Le mauve pâle, presque blanc des fleurs de lin perchées sur leurs longues tiges vertes et droites.

Couleur22.jpg
Le mauve des fleurs de lin tranche sur le vert herbeux des tiges.

Couleur06.jpg
Le rouge intense des coquelicots coincé entre le vert de l’herbe et le bleu et blanc du ciel.

Couleur23.jpg
Le rouge du coquelicot trouve sa complémentaire dans le vert de sa tige, merveilleux arrangement.

Couleur07.jpg
Le blanc pur des fleurs de pavot somnifère qui nous tournent le dos pour mieux dormir.

Couleur08.jpg
Le rouge carmin des feuilles du prunus éclairées par le soleil.

Couleur09.jpg
Le noir des arbres aux fruits corvidés sous un ciel gris d’automne finissant.

Couleur10.jpg
Le vert et jaune des champs sous le bleu et blanc du ciel.

Couleur11.jpg
Le givre blanchissant du paysage dans une brume opacifiante.

Couleur12.jpg
Le rouge du fruit ovale percé des aiguilles blanches et pointues du givre.

Couleur13.jpg
Le double arc en ciel dans le gris de l’orage convainc le champ vert fluo de se transformer en flèche.

Couleur14.jpg
Le pinceau lumineux de la base de l’arc en ciel repeint le paysage du violet au rouge pour oublier le gris du ciel.

Couleur15.jpg
Le rose et blanc des fleurs de pommier vient égayer le vert et brun des branches.

Couleur16.jpg
Le vert du blé en herbe et le jaune du colza en fleur permettent à l’arbre éloigné de marquer sa place sous le ciel blanc de nuages.

Couleur17.jpg
Les trois chevaux blancs broutent des boutons d’or devant une frondaison émeraude.

Couleur18.jpg
Les pavots en fleurs tapissent de blanc jusqu’à l’horizon.

Couleur19.jpg
Les branches nues et noires se sont habillées de glace transparente pour combattre le froid.

Couleur20.jpg
Les bourgeons à peine éclos se sont revêtus d’une armure de glace qui cache mal le marron de leur naissance.

Couleur21.jpg
Les fleurs blanches au cœur jaune des pommes de terre sèment de pois clairs le vert de la robe du champ.

Couleur24.jpg
Le vert tendre du blé qui n’a pas commencé à mûrir, ponctué de trois gouttelettes de sang coqueliquesques.

Couleur25.jpg
Le jaune grisâtre du blé qui ne demande qu’à être moissonné.

Couleur26.jpg
Le jaune d’or du tournesol au cœur brun qui se tourne vers nous pour fêter le soleil.

Couleur27.jpg
Les timides jeunes tournesols n’osent pas montrer le jaune leurs pétales au passant qui les observe et veulent se fondre dans le vert du feuillage.

Couleur28.jpg
Le rouge des prunes du prunier aux feuilles rouges, un joli camaïeu.

Couleur29.jpg
Les prunes jaunes du prunier à feuilles vertes, rondes comme des billes et chauffées par le soleil.

Couleur30.jpg
Le jaune du colza s’est assombri de gris sous le ciel orageux.

Couleur31.jpg
Une symphonie de verts : le vert-jaune de la vigne, le vert cru de l’herbe, le vert émeraude du blé en herbe, le vert diffus des champs à l’horizon ponctués du jaune du colza sous le bleu-gris du ciel.

Couleur32.jpg
Et c’est le vert, encore le vert, toujours le vert qui cherche presque à colorer de vert le gris du ciel.

Couleur33.jpg
La journée se termine. Le champ tente de garder sa chaleur sous sa couverture d’ombre, le ciel bleu blanchit, rosit, jaunit, se teinte d’orange pour oublier que dans quelques instants il noircira pour faire la part belle à la lune, toute petite, là-haut, que l’on distingue à peine.

Couleur34.jpg
Le noir est arrivé. La lune, pleine, ronde, blanche, éclaire d’une lueur fantômatique l’arbre nu au squelette inquiétant.

Voilà. Comme quoi, même si ça compte pour beaucoup, y’a pas que la typo dans la vie…

Fermer

Publié le 06/07/2026 @ 21:13  - 1 commentaire - 1 commentaire - Voir? Ajouter le vôtre ?   Prévisualiser...   Imprimer...   Haut
Tout le blog

Les petits derniers...

L’homme au coin
La vie...

frnx-288-mini.jpg

10 pages,
format 8,5 x 8,5 cm.
tirage à environ 30 exemplaires en typographie au plomb.
H. C.

 __________

Thomas Braun
La Bénédiction
des fromages

frnx-287-mini.jpg

8 pages,
format 11,2 x 9 cm.
tirage à 131 exemplaires en typographie.
30 €

 __________

CLS
A pas feutrés

frnx-281-mini.jpg

Un volumen,
79 cm de long, 17,5 cm de haut.
tirage à 10 exemplaires en linogravure.
250 €

 __________

Marie-Rose de France
Dits

frnx-283-mini.jpg

26 petits textes en proses poétique. Vignettes de CLS.
tirage à 120 exemplaires en typographie au plomb.
60 €

Le livre commenté

Marie-Rose de France
Dits

frnx-283-mini.jpg

36 p., format 10 x 14 cm.
composé et imprimé en
typographie au plomb
Tirage à 120 exemplaires.
60 €

(cliquer sur l'image
pour en savoir plus)

Les livres commentés
Gratuit


Quelques pages de ce site à visiter pour se divertir ou se « cultiver » :

Cartes de vœux

Poésie alimentaire

Couples singuliers

Les Hirondelles
de Bannes

Laucou à la radio

Nos amis coiffeurs


... pour ceux qui auraient la flemme de chercher.

Visites

 13809742 visiteurs

 78 visiteurs en ligne

Fornax éditeur – 18, route de Coizard, 51230 Bannes –– France